29 avril - Journée internationale de la danse [cs]

Journée internationale de la danse, portrait de Philippine de Sevin, danseuse française à l’Opéra de Prague

Depuis 1982, le 29 avril voit se tenir la Journée internationale de la danse, occasion de rendre hommage à ce langage universel, à chacune de ses formes, à chacun de ses acteurs. Philippine de Sevin, 23 ans, illustre cet art au Statni Opera de Prague.

Entrée dans le monde du ballet alors qu’elle n’a que dix ans, elle découvre l’âpreté de l’enseignement de la danse classique sur les planchers vernis que surplombent les miroirs de la salle du conservatoire de Nantes. Rigueur, discipline et abnégation auront ici valeur de loi. L’histoire de cette enfance est celle d’un dévouement complet à son art, d’un chemin sur lequel chaque avancée correspond à un sacrifice. Du corps, par les douleurs de la pratique ; de l’esprit, par l’éloignement de sa famille pour la vie réglée d’un internat. C’est pourtant dans ce souvenir amer que Philippine puise la vitalité qui l’a portée au niveau professionnel. De cette éducation abrupte a découlé une maturité précoce née de l’épreuve constante de la discipline. A dix ans, responsabilité, sacrifice et hiérarchie étaient pour elle des mots qui se rappelaient chaque jour à leur signification. Sa responsabilité désormais, elle la met en jeu à chaque pas exécuté devant plus de mille spectateurs ; le sacrifice, elle l’exprime chaque fois que, blessée, elle monte sur scène sans pouvoir être remplacée ; la hiérarchie, elle s’y plie à chaque distribution des rôles parmi les quarante danseurs de la troupe au montage de chaque spectacle.

Elle rêvait de danser les pièces majeures du répertoire, Prague fut le lieu qui la fit éclore.

Arrivée il y a deux ans après avoir passé avec succès l’audition pour intégrer la compagnie du Statni Opera, la jeune française avait dés lors dû faire ses preuves. Elle a su convaincre ses responsables, sur des ballets tels que Le Lac des cygnes ou Don Quichotte, de lui confier des rôles toujours plus importants. Elle explique son succès par des facteurs autrement plus variés que la seule maîtrise technique. L’origine de la grâce se loge dans un autre idéal, informel mais que le danseur se doit pourtant de percevoir. C’est toute l’intelligence de la danse que de savoir mêler la technicité mesurée de la chorégraphie et la capacité de se libérer dans l’étreinte même du moule, de prendre le recul suffisant pour donner au rôle la vie que la prestation scénique exige. C’est pour cette vie que danse Philippine de Sevin. Sur scène, suivant la cadence de l’orchestre, appliquant les pas répétés des jours durant, son bien-être a quelque chose de « spirituel », elle s’évade dans le geste millimétré et savoure chaque instant passé sur les planches. L’émotion est parfois telle après une représentation qu’elle peine à trouver le sommeil. Avec une dizaine de représentations par mois, elle mène aujourd’hui une vie intense qui conjugue les journées d’exercices et les plus belles salles de Prague.

Les échos qui ponctuent chacune des représentations ne font aucun doute sur le plébiscite du public praguois. Philippine a depuis appris à aimer cette ville dans laquelle l’histoire et la culture se révèlent dans chaque rue, et si elle n’y effectuera pas toute sa carrière, Prague restera la ville qui l’aura révélée, qui lui aura offert ses premiers grands rôles et le goût de l’étranger.

Dans le monde des compagnies internationales, la formation française vaut certificat d’excellence. Reconnue pour les qualités qu’elle inculque – l’indépendance en premier lieu – et les capacités à assumer toutes les exigences d’une compagnie internationale, sa forme rigoureuse est encore pour beaucoup la garantie des meilleurs résultats. Un an après Philippine, d’autres Français ont rejoint le Statni Opera. Morgane Lanoue par exemple, arrivée il y a huit mois, se voit déjà confiée des rôles principaux. Avec sept danseurs, la France constitue la nationalité étrangère la plus représentée de la compagnie.

En savoir plus sur Philippine de Sevin :
Entrée à dix ans au conservatoire de Nantes. Médaillée d’or à 14 ans, fait rarissime à cet âge, qui lui vaut une audition à l’école de danse de l’Opéra de Paris où elle restera un an. Elève du Conservatoire national supérieur de Paris entre ses 15 et18 ans. Invitée à plusieurs reprises aux Ballets de Monte-Carlo pour y parfaire sa formation. Après deux ans de cours intensif avec la danseuse étoile Dominique Khalfouni elle intègre l’Opéra de Prague où elle sera promue demi soliste.

Programmation du Statni Opera, les ballets

Les premières du Ballet :
Don Quijote - Ludwig Minkus
Phantom of the Opera - Petr Malásek

Le répertoire du Ballet :
Cinderella - Sergey Prokofiev
Giselle - Adolphe Charles Adam
Sleeping Beauty – The Czar’s Last Daughter - Pyotr Ilyich Tchaikovsky
Swan Lake - Pyotr Ilyich Tchaikovsky

Dernière modification : 23/09/2013

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