Discours à l’occasion de la signature des accords entre Areva et 14 entreprises tchèques [cs]

Lundi 5 mars 2012
Palais Buquoy

Je suis très heureux de vous accueillir aujourd’hui à l’ambassade de France. C’est pour moi un grand plaisir, également une grande fierté, d’être l’hôte des signatures de protocoles d’entente (Memorandum of understanding) entre AREVA et 14 partenaires industriels majeurs de la République tchèque. Cet événement témoigne de l’engagement de long terme d’AREVA avec les entreprises tchèques, non seulement sur le projet d’extension de la centrale de Temelin, mais également en Europe et dans le monde.

Devant vous, parlementaires tchèques, représentants d’AREVA, des pouvoirs publics, de l’industrie et des universités tchèques, je voudrais souligner toute la signification de cet événement.

C’est tout d’abord le signe très concret de la vitalité et de l’excellence de la relation entre nos industries : des actes, des engagements, des perspectives. Je sais que ce résultat est le fruit d’un travail rigoureux entre partenaires français et tchèques dans un secteur industriel extrêmement concurrentiel et exigeant. Nous sommes tous conscients qu’il ne supporte pas la médiocrité, le moindre compromis avec la qualité, le low cost, faute de quoi l’industrie nucléaire dans son ensemble pourrait être en cause.

Nous retrouver ici, à l’ambassade de France, démontre, si besoin était, l’appui déterminé des autorités françaises à AREVA, leader mondial, présent dans toutes les dimensions de la filière. Le Président de la république et le Premier ministre ont déjà eu l’occasion d’exprimer ce message au Premier ministre Necas, en 2011 et cette année. Les contacts entre les deux ministres de l’industrie ont aussi été l’occasion de réaffirmer le soutien du gouvernement français au groupe AREVA dans le cadre de ses actions en République tchèque et de l’offre qu’il remettra pour l’extension de la centrale de Temelin.

Mais pour nous, Français, Temelin ne représente pas un simple contrat, aussi important soit-il. L’enjeu est beaucoup plus large. Il nous faut regarder les réalités en face : la catastrophe de Fukushima a affecté l’avenir du nucléaire, conduit certains pays à l’abandonner, entamé la confiance de certaines populations, suscité débats et interrogations parfaitement légitimes. Et pourtant, les besoins énergétiques restent considérables en Europe et dans le monde. La population mondiale croît et s’enrichit. Nous aurons besoin de 40% d’énergie en plus d’ici 2030. Nous devons aussi remplir nos engagements pour lutter contre le changement climatique.

Dans ce contexte, la France et la République tchèque ont une responsabilité commune majeure de contribuer à redonner de la confiance, de continuer à développer une industrie performante, offrant de l’énergie à un coût intéressant, contribuant à la sécurité énergétique.

Nos deux pays ont réaffirmé le choix stratégique du nucléaire. La France possède 58 réacteurs et s’est engagée avec les deux EPR en construction dans la troisième génération. Mon pays poursuit ses efforts de recherche et développe une politique active de coopération avec tous les pays qui souhaitent développer le nucléaire civil.

Le choix du nucléaire n’est pas une religion fondée sur une croyance mais une conviction reposant sur l’analyse de nos intérêts, ceux de nos industriels et de l’économie dans son ensemble.

Nous y réussirons en développant ce que j’appellerai un nucléaire responsable :

-  un nucléaire responsable est un nucléaire sûr : il s’agit d’un impératif majeur, bien pris en compte par la technologie EPR conçue en coopération avec plusieurs agences de sûreté nucléaire ;
-  un nucléaire responsable est un nucléaire transparent : la transparence est une condition essentielle de l’acceptation du nucléaire. La culture de sécurité suppose un environnement institutionnel, avec en particulier des autorités de sûreté crédibles et respectées, du fait de leur indépendance et de leur expertise. Tel est le cas pour l’ASN et le SUJV qui ont signé un nouvel accord de coopération en novembre dernier. Plus fondamentalement, il suppose un environnement politique démocratique. La transparence, c’est aussi une culture d’entreprise qui ouvre ses chantiers à ses visiteurs, comme le fait AREVA. Enfin, la transparence concerne aussi les conditions de la compétition. Le mode de compétition choisi par CEZ et le gouvernement tchèque sur ce projet montre qu’ils en sont bien conscients.

Mais Paris et Prague regardent encore plus large et plus loin.

Regarder plus large, c’est d’abord l’Europe. Si la responsabilité du choix du mix énergétique appartient souverainement aux Etats membres, l’Union européenne et ses Etats membres sont engagés pour atteindre quatre objectifs : garantir la sécurité des approvisionnements, la compétitivité de l’économie et le pouvoir d’achat des consommateurs, tout en luttant contre le changement climatique. Regarder plus large, c’est aussi travailler ensemble sur le marché mondial, comme le fait déjà Areva avec nombre d’entreprises tchèques.

Regarder plus loin, c’est travailler dans une perspective de long terme. Je rappellerai simplement que l’Union européenne s’est dotée d’une stratégie 2020 et que des discussions sont en cours à l’horizon 2050, à partir des deux feuilles de route, présentée par la Commission européenne a publié, l’une pour une économie sobre en carbone et l’autre sur la politique énergétique.

La France et la République travaillent ensemble sur ces questions. Nous avions préparé le Conseil européen de février 2011 consacré à l’énergie. Tout récemment, le 10 février, le Ministre français de l’Industrie et de l’Energie, M. Eric Besson, a réuni à Paris 16 Etats membres de l’UE qui ont confirmé le choix du nucléaire dans leur mix énergétique. Plus généralement, le nucléaire impose de s’inscrire dans le long terme, compte tenu des durées des investissements. En ce domaine, choisir un partenaire, c’est s’engager pour au moins un demi-siècle.

Comme vous le constatez, les enjeux énergétiques et nucléaires sont au cœur du partenariat stratégique entre la France et la République tchèque.

En application du plan d’action 2011-2013 signé par les deux Premier ministres en janvier 2011, et de la feuille de route sur la coopération institutionnelle en matière nucléaire, signée en mai 2011, nous avons formé un groupe de travail franco-tchèque sur l’énergie. Sa 3ème réunion, à Prague le 30 janvier dernier, présente un bilan remarquable : renouvellement et extension des accords ASN/SUJB, CEA/UJV REZ, coopération universitaire avec l’Université de Plzen et la CVUT, nouveaux domaines de partenariats tels les déchets nucléaires, accords de formation, etc. Nous avons aussi proposé la mise en place d’un mécanisme international d’urgence en cas d’incident nucléaire.
Vous le voyez, nous ne ménageons pas nos efforts et avons beaucoup de travail devant nous, chacun, officiels et industriels, dans ses responsabilités. L’événement d’aujourd’hui en est une excellente illustration. Je vous souhaite à tous beaucoup de succès.

Dernière modification : 09/08/2016

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