Discours à la cérémonie du 11 novembre 1918 (11 novembre 2013) [cs]

Messieurs les représentants des ambassades des Etats-Unis d’Amérique et d’Italie,
Madame le Vice-Ministre,
Mon Général,
Messieurs les Officiers,
Mesdames et Messieurs,

Je souhaite tout d’abord remercier chacun d’entre vous de sa présence aujourd’hui pour une cérémonie à la fois traditionnelle et chargée de sens, à laquelle je suis heureux de prendre part peu après ma prise de fonctions. J’ai l’honneur d’exprimer, au nom de tous, en particulier des nations représentées, l’émotion que nous ressentons ce matin.

Cette cérémonie revêt ici, à Prague, une tonalité particulière car la Première République tchécoslovaque, dont nous venons il y a quelques jours de célébrer le 95e anniversaire, est issue des profonds bouleversements qu’a connus l’Europe à partir de 1914. Sa création en 1918 est le fruit de la vision d’hommes exceptionnels et a bénéficié de l’inspiration et de l’appui des nations représentées à cette cérémonie. Nombre de ses enfants ont combattu dans nos rangs et beaucoup d’entre eux reposent en France. Cette cérémonie est aussi dédiée à leur mémoire.

Nous n’oublions pas qu’il y a 95 ans, à 11h00, retentissait la sonnerie du cessez-le-feu, annonçant la fin de ce qui restera dans l’Histoire comme la Grande guerre. Jamais au cours de sa longue histoire, pourtant riche de drames, l’Europe ne s’était déchirée à ce point dans un conflit armé. Pendant quatre ans, en Europe et dans le monde, des millions d’hommes et de femmes, combattants et populations civiles, ont subi des violences inouïes dont le bilan est effroyable : près de 10 millions de morts et plus de 20 millions de blessés.

Mais, au milieu de l’horreur de ce conflit, se sont aussi manifestés des idéaux intemporels et universels : la liberté, la patrie, la paix, la fraternité et l’indépendance. Des valeurs qui sont à présent celles de notre Europe et de l’Alliance transatlantique, et qui ont, après les combats, incité des hommes et des femmes à œuvrer à la réconciliation des peuples et à l’émergence d’un ordre mondial fondé sur le droit et la concertation des nations. Malheureusement, beaucoup de ces espoirs furent alors balayés par la montée des totalitarismes dans les années 30.

Il est de notre devoir collectif d’honorer les morts mais aussi de tirer les leçons du passé pour construire l’avenir. C’est pourquoi les commémorations du Centenaire de la Première guerre mondiale qui débuteront l’année prochaine s’adresseront avant tout à la jeunesse. Elles constitueront une invitation à réfléchir sur la mémoire des deux grands conflits mondiaux et le rôle essentiel de l’édification d’une Europe fondée sur la paix et la liberté.

Les jeunes générations, représentées aujourd’hui par quelques lycéens du Lycée français de Prague et du collège de Ďáblice, doivent s’approprier ce message d’espoir.

Par ailleurs, ici, à Dablice nous nous souvenons aussi du sort de ces hommes et femmes balayés par l’autre tragédie du XXe siècle, la deuxième guerre mondiale. Ici reposent, en terre tchèque, des citoyens de nos trois pays, combattant pour la liberté en cet ultime épisode de guerre que furent les premiers jours de mai 1945. Leur destin demeure à jamais mêlé à celui du peuple tchèque et leur présence ici est un symbole que nous devons continuer à honorer et à faire vivre.

Pour terminer, je tiens, au nom des Etats-Unis, de l’Italie et de la France que nous représentons ici, à remercier les autorités tchèques, tout particulièrement le ministère de la défense en la personne de Mme la Vice-Ministre, pour son concours à l’organisation de cette cérémonie si émouvante.

Merci à nouveau de votre présence.

Dernière modification : 12/06/2015

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