Discours de l’Ambassadeur lors du colloque franco-tchèque / 25ème anniversaire de l’IFTG (11 septembre 2015)

Discours de l’Ambassadeur lors du colloque franco-tchèque / 25ème anniversaire de l’IFTG (11 septembre 2015)

Madame la Rectrice,

Je suis heureux de participer aujourd’hui à ce colloque franco-tchèque organisé par la VSE et l’Institut Franco-tchèque de Gestion en l’honneur de son 25ème anniversaire. Fruit d’une étroite collaboration entre l’Université d’Economie de Prague et de l’IAE de Lyon, comme vous l’avez dit chère Hana, ce sont en 25 ans plus de 600 diplômés parfaitement bilingues, désormais versés dans l’art managérial des deux pays, qui ont pu bénéficier de cette formation dispensée entre Prague et Lyon. Avant d’avoir l’honneur et le plaisir, ce soir, de féliciter les 25 diplômés de la 24ème promotion de l’IFTG - je voudrais saisir cette occasion pour, en toile de fond, évoquer l’évolution des relations économiques bilatérales, qui n’ont cessé de s’intensifier sur ce dernier quart de siècle, grâce d’ailleurs à la participation active de certains de vos diplômés.

La progression des échanges entre nos deux pays a largement bénéficié de la préparation, puis de l’adhésion de la République tchèque à l’Union Européenne. En croissance ininterrompue entre1993 et 2008, le volume de ces échanges a été multiplié par 11 en vingt ans, évolution accompagnée de stratégies d’investissements dynamiques. Selon les données de la Banque centrale tchèque, le stock d’IDE français en République tchèque a en effet été multiplié par 7 entre 1999 et 2009. Si la France est aujourd’hui le 5ème partenaire économique et le 5ème investisseur étranger de la République tchèque, avec une présence, s’inscrivant dans le long terme, de 500 entreprises employant 100 000 personnes, derrière cette réalité statistique continuent de se mobiliser des femmes et des hommes, qui au-delà de la convergence d’intérêt économique, ont su construire une relation de connivence et d’amitié.
Se tiennent à leurs disposition les services économique et commercial de l’Ambassade – aujourd’hui Business France, qui au quotidien accompagnent, conseillent et échangent avec les entreprises qu’elles soient installées en République tchèque, ou en phase de prospection. Chaque visite bilatérale de haut niveau, que ce soit à Prague ou à Paris a d’ailleurs été l’occasion, depuis un an et demi, de réaffirmer l’étroitesse de ce lien et le respect mutuel que se portent nos deux pays.

A la communauté de destin que nous partageons en tant que pays amis et membres de l’Union Européenne, correspond celle des défis, notamment économiques, auxquels nous devons faire face. Si nos économies sont structurellement différentes, la France et la République tchèque partagent des vues semblables sur les priorités communautaires, en particulier le soutien de la croissance, de l’investissement et de l’emploi, mais également sur le développement et la compétitivité de nos économies. Sur un marché globalisé ouvert à la concurrence internationale, la sauvegarde de l’attractivité constitue la priorité absolue pour Prague et Paris, celle-ci passant notamment par une meilleure adéquation entre l’offre de formation et les besoins d’une économie en évolution constante.

Identifiée à l’Echelle de l’Union comme une priorité dans la Stratégie 2020, la qualité de la formation de la main d’œuvre l’a été également en République tchèque, aussi bien par la Commission que par le FMI, l’OCDE et les autorités nationales, qui ont d’ailleurs consacré l’année 2015, « Année de l’Education Technique et Industrielle ». Ces préoccupations reflètent bien évidemment celles des professionnels actifs dans ce pays. La France et ses acteurs économiques se heurtent à des difficultés similaires. C’est la raison pour laquelle la convergence du monde de l’enseignement et de la formation professionnelle et de celui des entreprises et acteurs économiques constitue une des priorités de notre coopération bilatérale et occupe et de notre partenariat stratégique.

En effet, nous croyons profondément qu’une jeunesse convenablement préparée aux réalités et enjeux économiques actuels constitue le terreau indispensable au développement socioéconomique, non seulement de la République tchèque et de la France, mais aussi de l’Union Européenne dans son ensemble.

Aussi, l’étroite et riche collaboration qui lie la VSE à l’IAE de Lyon depuis un quart de siècle, et Chère Hana vous nous l’avez vous-même rappelé en citant les autres collaborations existant entre votre université et d’autres établissements d’enseignement supérieur français, s’inscrit dans un réseau plus large de partenariats qu’ont tissé entre eux des organismes tchèques et français. Les échanges d’expérience et de savoir-faire couvrent des champs aussi variés que la coopération en personnels des douanes, militaires ou administratifs dont les diplomates, mais aussi plus traditionnellement différents domaines de recherche, de la formation technique et professionnelle, de l’enseignement linguistique – avec plus de 43 000 apprenants en français dans le pays. Je tiens à préciser que ces collaborations concernent toutes les étapes d’apprentissage et de formation, du jeune écolier à l’expert aguerri.

Sans pouvoir, malheureusement, tous les citer, je pense au Lycée français de Prague et aux sections et classes franco-tchèques, aussi bien en France qu’en République tchèque, au dynamisme de la collaboration entre lycées professionnels de la mode et de la restauration de Prague, Cannes et Versailles, mais aussi aux centaines d’étudiants Erasmus échangés entre nos deux pays, et pas uniquement entre Prague et Paris, notamment grâce à la promotion active de l’offre universitaire française assurée par l’IFP et son réseau en région.

La signature en décembre dernier par nos deux Premiers Ministres d’une reconnaissance mutuelle des diplômes et qualifications universitaires, mais aussi le développement de formations universitaires conjointes, devraient faciliter davantage ces échanges d’étudiants. Une partie importante des fonds de cette Ambassade est aussi consacrée au financement de bourses, y compris en soutien à nos entreprises pour la formation de leurs futurs cadres, et de travaux de recherche en cotutelles. J’en profite pour saluer ici le travail, bien évidemment de l’IFP et de son équipe chargée de la coopération scientifique et universitaire, mais aussi du CEFRES qui, en étroite collaboration avec ses partenaires universitaires tchèques, contribue aux échanges en sciences sociales. Comment, enfin, ne pas citer l’excellence des trois filières de formation de cadres francophones que sont l’IFTG, les Masters « Ingénierie automobile » en partenariat entre la CVUT et l’ENSTA de Brest et « Administration Publique » de l’Université de Brno, en collaboration avec l’IPAG de Rennes ?

Si je ne peux ici être exhaustif, mon propos serait incomplet si je ne saluais pas l’engagement des entreprises françaises et tchèques en faveur de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de la mobilité internationale et pour une meilleure intégration entre le monde de l’éducation et celui du travail. C’est dans cet esprit que la Chambre de Commerce Franco-tchèque a pris l’initiative de récompenser par son prix annuel en juin dernier les entreprises les plus volontaires et innovantes dans le domaine de la formation. D’autres entreprises françaises encouragent les jeunes talents en récompensant les meilleurs travaux de recherche d’étudiants tchèques par le biais des prix scientifiques, dont la promotion et l’organisation sont assurées par l’Ambassade de France.

Le 18 juin dernier, 14 lauréats ont été distingués dans les domaines des sciences computationnelles (Bull/Atos), la médecine (Pierre Fabre Médicament), la pharmacie (Sanofi) et la Chimie (Solvay). En embauchant de nombreux volontaires internationaux ou VIE, les entrepreneurs français en République tchèque ne facilitent pas seulement la mobilité internationale d’un jeune diplômé, mais aussi des échanges interculturels, professionnellement enrichissants, au sein de leur entreprise.

Mesdames et Messieurs, comme en atteste la diversité de ces échanges, la convergence des mondes de l’enseignement et de la formation professionnelle avec celui des entreprises et des acteurs économiques, constitue une priorité de notre relation bilatérale. En coulisse de ces accords œuvrent quotidiennement des équipes administratives et pédagogiques, tchèques et françaises soucieuses d’offrir aux écoliers, étudiants, chercheurs, employés, apprenants et experts un cadre propice à l’échange. Je voudrais ici chaleureusement les remercier et saluer leur implication.

Enfin je souhaiterais adresser ces derniers mots aux étudiants ici présents pour leur rappeler l’importance et la pertinence d’un cursus ou d’un échange international. Ces expériences permettent non seulement de poursuivre son cursus universitaire dans un environnement autre mais surtout d’enrichir ses compétences linguistiques et de s’ouvrir à différentes cultures, modes de pensées, en prenant de la distance et en apprenant à décentrer son regard par l’observation, puis l’appropriation d’une conception du monde autre. Je suis fermement convaincu que ces échanges, en marge des acquis scolaires, universitaires et professionnels prédisposent à une plus grande curiosité à l’égard de l’étranger. A une tolérance plus prononcée. En ces temps d’incertitudes, où tout n’est que craintes et méfiances, il est essentiel de maintenir ce dialogue qui participent d’une convergence entre les peuples, d’un rapprochement des cultures, et s’ils poursuivent des objectifs souvent économiques, ils n’en contribuent pas moins à créer un monde plus stable et plus humain.

Dernière modification : 18/09/2015

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