Discours prononcé à la réception organisée à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse (29 avril 2015) [cs]

Mesdames et messieurs,

Bonsoir à tous,

Je vous souhaite la bienvenue à l’ambassade de France. Je vous remercie d’avoir accepté de célébrer avec nous, avec quelques jours d’avance, la Journée mondiale de la liberté de la presse.

J’ai souhaité à cette occasion vous accueillir ce soir, vous journalistes représentant l’ensemble des médias (presse écrite, télévision, radio, web, presse généraliste ou spécialisée), vous caricaturistes, vous services de presse des administrations tchèques et des ambassades étrangères, vous étudiants en journalisme, vous partenaires de l’ambassade engagés pour défendre nos valeurs démocratiques communes. Si nous avons tenu à vous réunir c’est parce que cette journée mondiale de la liberté de la presse a cette année un écho très particulier pour nous.

Le 7 janvier dernier à Paris, la rédaction d’un journal, Charlie Hebdo, a été victime d’un attentat terroriste. Ce jour-là, des journalistes, des caricaturistes connus pour porter au plus haut la liberté de la presse et la liberté d’expression sont tombés pour leurs idées.

Un formidable élan de solidarité a suivi cet attentat, en France comme à l’étranger. Je dois dire que la mobilisation qui a eu lieu en République tchèque nous a profondément touchés ; nous conserverons tous, à l’ambassade, le souvenir des rassemblements de centaines de citoyens tchèques devant ce bâtiment. Cette solidarité a été une manifestation de notre attachement commun en faveur d’une liberté qui a été chèrement acquise et qui reste malheureusement menacée. La liberté d’expression, la liberté de la presse sont indissociable de l’exercice de la démocratie ; elles doivent donc être toujours défendues.

Chaque année en effet, des journalistes sont tués, blessés, enlevés, emprisonnés pour avoir simplement exercé leur métier, pour avoir osé écrire ou parler.
Pour la seule année 2014, 69 journalistes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions, au Mali, en Irak, en Syrie...certains l’ont été dans des conditions inhumaines. Depuis début 2015, ce sont déjà 27 journalistes qui ont été assassinés. Vous le savez sans doute : on a retrouvé lundi les corps de cinq journalistes d’une chaîne de télévision libyenne, sans doute victimes de l’Etat islamique. Tous ces chiffres, ces faits sont absolument terribles et inacceptables.

La liberté de la presse, c’est évidemment d’abord celle des journalistes, c’est leur protection dans les zones de conflit. C’est aussi la protection de leurs sources, c’est l’indépendance et la pluralité des médias, leur accès à des sources de financement.

Cette liberté, comme l’affirme le slogan du Canard enchaîné, un hebdomadaire satirique français qui fête cette année ses 100 ans, « ne s’use que quand on ne s’en sert pas ».

Alors usons de cette liberté, tout en sachant que l’exercice de la liberté s’accompagne d’une grande responsabilité. L’essor des réseaux sociaux, le développement des chaînes d’information continues ont incontestablement changé notre rapport à l’information. Dans ce monde où tout doit être rapide, où chacun croit créer de l’information, où les rumeurs se répandent, où chacun commente, être journaliste revêt une exigence toute particulière et exige beaucoup de discernement, un véritable esprit d’analyse et surtout un esprit critique.

Alors je voudrais pour conclure vous dire, à vous journalistes, toute mon admiration et mon respect pour le travail que vous faites et vous dire, à vous futurs journalistes, que vous pouvez être fiers de ce que vous avez choisi de devenir.

Je vous souhaite une excellente soirée.

Dernière modification : 06/05/2015

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