Hommage à Paul Pin, "le libérateur de Prague" [cs]

Dans l’été 2007 décédait le docteur Paul Pin, jeune lieutenant de 26 ans lorsqu’il décide d’agir le 9 mai 1945 pour libérer Prague, en dépit des ordres donnés.

Elève officier à l’école de Santé navale de Bordeaux, Paul Pin décide d’entrer en Résistance à partir de 1942 après avoir été contacté par le bureau Central de Renseignements et d’Action des FFL, tout en continuant ses études. Il devient alors Pierre Ronald, chargé de transmettre des renseignements sur l’activité de la base sous-marine de Bordeaux.

En 1944, il œuvre en région parisienne au profit de chaînes d’évasion de pilotes alliés.

A la libération de Paris, le 25 août 1944, il est affecté au bureau renseignement de la 5e division d’infanterie américaine appartenant à la 3e armée du général Patton.

En mai 1945, lors de la marche vers l’est, via Francfort et la Bavière, le général Patton reçoit l’ordre de stopper son armée dans les monts de Bohême. A Prague, les unités SS, sous le commandement du comte Karl Friedrich de Pückler-Burghauss, et notamment la division SS Wallenstein, avaient refusé le cesser le feu et continuaient leurs opérations à Prague-Sud.

Considérant cette situation, le lieutenant Paul Pin décide d’agir. « Certes, on nous avait annoncé la capitulation des armées allemandes et la signature de l’armistice, le 8 mai, à Reims », se souvient Paul Pin, « or la bataille continuait en Bohême du fait qu’Hitler avait ordonné de poursuivre le combat jusqu’au bout ».

Il décide alors, avec trois autres Français, André Rémoudet, l’Abbé Krafft et le conducteur Henri Bençay, de partir vers Prague dans un véhicule emprunté à l’armée américaine.

Ayant appris que l’état major allemand de la division SS Wallenstein se trouvait à Zbraslav (Sud de Prague), les quatre Français, sous le commandement de Paul Pin, se présentent au général Joerschel comme plénipotentiaires des Américains. En quelques minutes, ils obtiennent la reddition des troupes SS. Celle-ci ne sera malheureusement pas acceptée par le commandement américain et les SS sont livrés aux Soviétiques qui libèrent la ville le 10 mai 1945.

Une plaque commémorative à la mémoire de l’officier français et de ses combattants a été inaugurée le 10 novembre 2008 au château de Zbraslav. Elle rappelle le courage dont a su faire preuve le lieutenant Pin et les liens d’amitié entre la France et la République tchèque.

Après la guerre, sa vie civile sera consacrée à la recherche médicale et à l’enseignement. Docteur en médecine, il enseignera la chimie et la biochimie. Engagé politiquement dans la vie politique de son département, il devient conseiller municipal à Issy-les-Moulineaux puis conseiller général des Hauts-de-Seine.

De nombreuses distinctions lui ont été attribuées, dont la croix de guerre tchécoslovaque au titre de la libération de Prague. Paul Pin a pourtant su rester un homme simple sachant mêler intelligemment sa vocation scientifique, ses valeurs humanistes et sa très grande ouverture d’esprit.

Dernière modification : 15/08/2016

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