Intervention de l’Ambassadeur à l’occasion du Colloque "Smart cities" (Mairie de Prague, 13 juin 2016)

Madame l’Adjointe au Maire de Prague,

Monsieur le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Cher Tomáš Prouza,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureux de participer à cette conférence sur les villes intelligentes, les « Smart cities », ici-même, dans cette « maison de tous les Pragois » généreusement mise à disposition par la Ville de Prague. Cette conférence constitue l’un des moments phares de la semaine française « Tyden France », qui met à l’honneur les partenariats franco-tchèques dans tous les domaines.
Je tiens, tout d’abord, à remercier la Maire de Prague, représentée par son adjointe, Mme Kislingerova, pour ses mots d’accueil. Je remercie également pour son appui l’Association des Villes et Communes de République tchèque.

Indépendamment de leur taille, les villes apparaissent, aujourd’hui plus encore qu’hier, comme des acteurs essentiels du développement économique. Je salue les élus de villes tchèques et françaises présents parmi nous pour apporter leur témoignage et leur expérience.

Les villes françaises représentées aujourd’hui appartiennent à des régions diverses et possèdent une histoire, des traditions et une économie également différentes : Strasbourg, l’européenne, Toulouse, capitale de l’aéronautique et de l’espace, Rennes, porte de la Bretagne, Angers, ville à la fois culturelle et technologique, et Mulhouse, le « Manchester français ». Ces villes ont en commun d’avoir fait le pari de l’innovation et illustrent en France le concept de « ville intelligente ».

Les villes tchèques présentes témoignent elles aussi de l’intérêt grandissant de cette thématique dans ce pays : Plzen et Brno se sont engagées dans une stratégie smart englobante ; Ostrava a pris la tête d’une « Smart Region » Moravie-Silésie ; Pisek et son « smart cluster » réunissent les talents des entreprises, des universités et de la ville ; Prague, enfin, s’apprête à devenir une métropole numérique à travers la plate-forme « Smart Prague » et le soutien de la Mairie à la « communauté startup » locale. Ce ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d’autres.

Toutefois, cette dynamique qui vise à équilibrer développement économique et qualité de vie doit être soutenue par d’autres acteurs : je pense, bien sûr, aux entreprises, partenaires incontournables des collectivités locales. Pour que leur « révolution intelligente » s’accomplisse, les municipalités doivent en effet miser sur des partenariats public-privé pour bâtir ensemble la ville de demain.
Je salue la participation aujourd’hui de grands groupes, de PME et de start up, tchèques et français, plus particulièrement Dassault Systems, FM Logistic, Schneider Electric, Suez et Veolia, qui ont contribué à l’organisation de cette conférence. Je me réjouis enfin de voir un public nombreux, qui représente l’ensemble des acteurs-clés des villes durables et intelligentes, qu’il s’agisse d’organismes gouvernementaux, d’élus, d’entreprises mais aussi d’établissements universitaires comme la CVUT.
Alors que la France détient actuellement la présidence de la COP 21, dans un monde confronté à des enjeux environnementaux cruciaux, le bon usage des ressources et le bien-être en ville figurent au premier plan de nos préoccupations. Les maires ont fait partie des grands acteurs de la négociation climatique. Conscients qu’ils devaient montrer l’exemple, plus de 700 d’entre eux, du monde entier, ont été reçus à Paris début décembre 2015.

L’état des lieux de notre planète le révèle : les villes concentrent désormais plus de 50% de la population mondiale, une grande part des richesses, mais aussi la pollution et les émissions de gaz à effet de serre ; elles ont donc une responsabilité toute particulière. Villes, habitat et climat sont devenues des questions clés pour notre avenir. En atteste l’organisation, en octobre prochain, de la conférence des Nations Unies « Habitat III », à Quito, sur la thématique du développement urbain durable, dont Prague a accueilli la conférence régionale préparatoire en mars. Cette dernière manifestation a confirmé la nécessité d’agir à l’échelon local pour relever un défi global : la Déclaration de Prague, adoptée à cette occasion, encourage les villes à s’imposer comme des acteurs clés du développement durable.

Mais justement qu’est-ce qu’une ville intelligente ? Je ne sais pas s’il existe une définition exacte d’une « Smart city », mais il semble qu’il s’agisse tout simplement d’une ville qui fonctionne sans entrave, grâce à l’appui de technologies nouvelles permettant d’optimiser ses ressources. Enfin, ces évolutions technologiques ne doivent pas aliéner les citoyens, mais au contraire rester constamment à son service.

La ville intelligente, c’est d’abord une ville durable : en allant vers une croissance raisonnable, portée par le développement de technologies propres et les économies d’énergie, nous bâtissons une ville plus attractive, y compris en termes d’emplois, stimulés par de nouveaux talents.

La ville intelligente, c’est aussi une ville connectée : nous voulons que la ville puisse accompagner efficacement l’accélération des modes de vies contemporains, en connectant les besoins des citoyens et les opportunités concrètes offertes par l’environnement urbain.

La ville intelligente, c’est ensuite une ville collective : elle ne doit pas demeurer accessible aux seuls happy few hyperconnectés mais, au contraire, être ouverte aux besoins concrets des citoyens : « où puis-je me garer près de chez moi à telle heure précise ? Puis-je être alerté en temps réel de l’évolution des travaux sur le réseau d’eau ? Si je suis touriste, quelle application pourrait me permettre d’obtenir, à l’instant, des informations sur tel monument remarquable ? »

La ville intelligente, c’est enfin une ville des intelligences, portée par un croisement d’approches, des urbanistes aux ingénieurs, en passant par les ONG et une administration agile et réactive, tel un écosystème en perpétuelle adaptation.
Afin de répondre à ces défis, des conférences sur les Smart cities se sont multipliées en République tchèque, à Prague, à Plzen, à Hradec Kralové, mais aussi à Ostrava avec les partenaires du groupe de Visegrad. Elles ont au cours des derniers mois offert autant de tribunes d’échange d’idées et de bonnes pratiques. Je laisse à M. le Vice-Ministre Smrz et M. Koppitz le soin d’évoquer plus en détail ces débats.
La thématique des « smart cities » s’inscrit également dans des programmes nationaux visant à améliorer la qualité de la vie et l’environnement du pays, sans pour autant compromettre sa compétitivité. Je pense, par exemple, au plan d’action national sur les énergies renouvelables, sur les « smart grids », ou encore aux mobilités douces comme l’électromobilité. Nous le voyons, toutes les facettes de la ville intelligente, à travers les transports, l’énergie, les bâtiments, sont concernées, et nous aurons l’opportunité d’entendre quelles solutions concrètes les entreprises tchèques et françaises peuvent proposer.

Enfin, pour assurer la synthèse de cet ensemble d’acteurs très divers et ancrer cette nouvelle orientation technologique de la ville, le Secrétaire d’Etat Tomas Prouza, en charge de l’agenda numérique, est certainement l’une des personnalités pivots incarnant ce changement et le développement d’une nouvelle économie et d’une nouvelle approche de la gouvernance.

Si cette conférence « Smart cities » est à distinguer de celles qui l’ont précédée, c’est par son approche bilatérale et notre volonté de faire de cette journée un moment d’échanges entre nos deux pays. Les villes qui sont ici présentes sont très diverses en termes de profil, d’enjeux et de besoins, mais elles sont confrontées à des défis communs et nous sommes persuadés que les ingrédients nécessaires à un échange mutuel sont bien réunis.

C’est ce type d’échange, dans d’autres domaines, qui a permis de créer des coopérations florissantes entre la République tchèque et la France. Je pense, par exemple à la coopération entre Brno et Rennes, active depuis plus de 50 ans, notamment dans le domaine culturel et éducatif, et qui pourrait être élargie aux questions de gouvernance intelligente et de coopération technologique. D’autres coopérations franco-tchèques sont également les bienvenues, par exemple à l’échelle européenne dans le cadre de programmes tels qu’Horizon 2020, ou encore par la diffusion de l’expérience « French Tech », afin de soutenir le développement de ces nouveaux acteurs de l’économie que sont les startups.

Voilà pourquoi nous sommes très heureux de vous accueillir ici aujourd’hui, pour participer ensemble à cette nouvelle aventure collective vers la ville de demain.

Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 15/06/2016

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