Journée mondiale et européenne contre la peine de mort

Déclaration de Bernard Kouchner

Ministre des affaires étrangères et européennes

Journée mondiale et européenne contre la peine de mort

Le 10 octobre 2010 nous célébrons la 8e journée mondiale contre la peine de mort, officiellement reconnue par le Conseil de l’Europe et l’Union européenne en 2007.

À cette occasion, je tiens à rappeler l’engagement déterminé de la France en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort et j’appelle tous les pays qui maintiennent la peine de mort en vigueur à l’abolir, et en attendant, à instituer un moratoire sur les exécutions et les condamnations.

Je rends un hommage particulier aux défenseurs des droits de l’Homme qui luttent pour défendre inlassablement cette cause.

Ils ont dans ce combat tout le soutien de nos ambassades, à qui j’ai demandé, dans le cadre de cette journée, de mobiliser les opinions publiques et les décideurs. Dans une trentaine d’États, en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, dans les Amériques, sur le continent européen ou dans le Caucase, nos ambassades, nos instituts culturels ont ouvert leurs portes ou se sont associés à des conférences ou à des tables rondes en faveur de la cause abolitionniste.
Une nouvelle résolution appelant à un moratoire universel sur le recours à la peine de mort sera présentée lors de la 65e Assemblée générale des Nations unies, à l’initiative de l’Union européenne. En 2008, sous présidence française de l’UE, 106 États avaient voté en faveur de cette résolution. J’appelle tous les États à confirmer ce vote encourageant et à appuyer ce texte une fois de plus, et de façon encore plus massive.
La France a rejoint l’Espagne et de nombreux autres pays pour créer une Commission internationale contre la peine de mort, composée de « personnalités de haute autorité morale de toutes les régions du monde », dont M. Robert Badinter pour la France. Cette Commission a pour mandat d’aboutir à un moratoire universel effectif d’ici 2015 en vue d’une abolition totale et définitive.

L’ensemble de ces actions découle du choix fait par la France il y a bientôt 30 ans, et confirmé depuis par l’inscription dans sa Constitution du principe selon lequel « Nul ne peut être condamné à la peine de mort ». Aujourd’hui, 139 États sont abolitionnistes en droit ou en fait, et chaque année, un nombre croissant de pays fait le choix résolu de l’humanité.

Le chemin vers l’abolition universelle est encore long à parcourir, car des pays continuent à recourir, parfois de façon massive, à ce châtiment. Trop souvent encore, des mineurs, des handicapés mentaux sont exécutés. Ces exécutions sont parfois menées en public ou dans des conditions barbares propres à révolter la conscience. Je pense ici à Mme Sakineh Ashtiani, condamnée à la lapidation en Iran, et pour laquelle le président de la République et moi-même continuons de nous mobiliser, avec de nombreux partenaires dans le monde.

Source : Ministère des Affaires étrangères et européennes

Dernière modification : 16/08/2016

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