Le cinéma d’animation aux couleurs du savoir-faire français [cs]

L’exposition Les trésors cachés de Michel Ocelot qui a débuté le 24 avril à l’Institut Français de Prague est l’occasion de rappeler le savoir-faire quasi culturel de la France en matière de films d’animation.

Si la France est aujourd’hui le troisième pays producteur de films d’animation, un rapide regard sur l’histoire du genre montre qu’il n’y fait pas figure de nouveau venu. Avec près d’un siècle d’existence dans les ateliers puis studios de France, il relève de la tradition. Le 28 octobre 1892, Emile Reynaud, inventeur du théâtre optique, projette en public ses premières pantomimes lumineuses, ancêtres du dessin animé, au musée Grévin. Ladislas Starevitch se risquait à son tour à l’exercice en 1930 avec son Roman de renard, premier long métrage d’animation qu’il réalisa pendant son exil en France avec de simples marionnettes. L’animation a toujours trouvé en France un terrain fertile. Elle s’est développée au fil du temps pour connaitre aujourd’hui la reconnaissance d’une véritable singularité esthétique par une industrie cinématographique mondiale sélective et dominée par les productions américaines.

En 1999, Michel Ocelot ouvrait à l’animation française les portes des salles du monde entier avec le succès planétaire de son film Kirikou et la sorcière. Ce fut le point d’amorce d’une dynamique qui ne perdra jamais en vigueur et d’autres petites merveilles vinrent enrichir le patrimoine cinématographique français. On pense par exemple aux Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet ou plus récemment au Le chat du rabbin de Joann Sfar. Un rapport d’Unifrance s’est intéressé à la place nouvelle occupée par nos œuvres d’animation depuis une dizaine d’années. Il démontre que 85% de ces dernières se sont exportées à l’étranger, témoignant ainsi de l’attractivité d’un art dont les formes d’expressions françaises sont parmi les plus prisées.

Se modernisant au fur et à mesure qu’elle se démocratise, l’animation prend de plus en plus souvent la forme de coproductions prises en charge par les grands studios. Or, si les Américains font figure de locomotive dans la chaine du cinéma mondial, les Français sont foule parmi leurs équipes techniques, jusqu’à atteindre parfois le nombre de 30% des effectifs. Le film Moi, moche et méchant, bien que produit par l’américain Universal Pictures, a été intégralement réalisé en France avec un coréalisateur français. Ce sera trois millions d’entrées rien qu’en France et 250 millions de dollars de bénéfices aux Etats-Unis. Les compétences des techniciens français sont devenues le critère d’un caractère, d’une esthétique particulière, une french touch qui garantie à l’animation française un avenir prospère dans les salles obscures.

Pour en savoir plus sur l’Association Française du cinéma d’animation.

Dernière modification : 23/09/2013

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