Les femmes françaises dans la vie active [cs]

La situation des femmes actives en France peut sembler paradoxale. En effet :
- les Françaises font beaucoup d’enfants tout en travaillant
- la loi prévoit un égal accès aux responsabilités professionnelles, sociales et électives mais peu de femmes occupent de tels postes
- les jeunes Françaises ont de meilleurs résultats scolaires que leurs camarades masculins mais le salaire des femmes est inférieur à celui des hommes

Les Françaises font beaucoup d’enfants tout en travaillant

La natalité en France est en augmentation depuis 2000 et a dépassé l’an dernier 2 enfants par femme, mettant la France à la 2e place en Europe dans ce domaine après l’Irlande.
Les congés de maternité sont en France plus courts qu’en République tchèque (16 semaines). De nombreux dispositifs sont prévus pour que les mères retournent à leur travail rapidement, si elles le souhaitent : crèches, allocation pour la garde du jeune enfant, temps de travail aménagé. Il existe parallèlement un congé parental (jusqu’au 3e anniversaire du plus jeune enfant). Socialement, reprendre son travail alors que le nouveau-né a seulement quelques semaines ou quelques mois, est tout à fait accepté.
Les femmes constituent désormais 49 % de la population active et le taux de chômage des femmes est quasiment identique à celui des hommes.
Cependant, à l’arrivée d’un enfant, 40 % des mères (contre 6 % des pères) interrompent ou réduisent leur activité professionnelle, au moins temporairement. Si bien que dans les familles comprenant plusieurs enfants (dont au moins un en bas âge), le taux d’activité des mères est de 54 % alors que celui des pères est de 92 %. Le nombre de places en crèche a augmenté ces dernières années, ainsi que le nombre d’assistantes maternelles agréées, mais ces solutions restent encore peu accessibles aux plus bas revenus.

Inégal accès aux responsabilités professionnelles, sociales et électives

Le principe de « l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives » a été inscrit dans la Constitution en 1999. De plus, l’article premier de la Constitution prévoit depuis 2008 « l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales ». Plusieurs lois ont été adoptées pour faire appliquer ces principes.
Cependant, on ne rencontre que 10 % de femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées, 18 % à l’Assemblée nationale, 22 % au Sénat, 25 % dans l’encadrement du privé, 16 % aux postes de direction dans la fonction publique d’Etat, etc.
L’échec des politiques traditionnelles d’incitation a conduit la France à mettre en œuvre des moyens plus contraignants. En particulier, des lois ont été votées en 2011 et 2012 pour instaurer des quotas de femmes dans les conseils d’administration et de surveillance des sociétés cotées et dans la haute administration. L’objectif est d’atteindre 40 % dans 5 ans.

Le salaire des femmes reste inférieur à celui des hommes

Les filles ont de meilleurs résultats scolaires. Ainsi, 64 % des garçons contre 76 % des filles atteignent le niveau bac, 21 % des garçons contre 31 % des filles obtiennent une licence.
Pourtant, on constate en France un écart de salaire brut de 27 % entre les hommes et les femmes. Cette différence est expliquée en premier lieu par le fait que les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à travailler à temps partiel (31 % des femmes et 6 % des hommes). Même parmi les personnes sans enfant, la proportion de femmes à temps partiel est supérieure de 17 points à celle des hommes. Il s’agit alors très souvent de temps partiel subi, en particulier dans le secteur tertiaire (grande distribution, propreté…).
Si on considère le salaire horaire, un écart persiste : – 20 % dans le privé et – 13 % dans le public, selon les dernières données de l’Insee. Cette situation est en partie due aux métiers et aux niveaux de responsabilités exercés. On note en particulier une très forte représentation féminine dans l’éduction, la santé et le social, secteurs peu rémunérateurs. Mais au sein de chaque catégorie professionnelle, les écarts demeurent (– 10 %). Plusieurs lois obligent les entreprises à intervenir dans ce domaine (obligation de négocier, rapport annuel…).
Les conséquences sont que 80 % des salariés pauvres sont des femmes et que les femmes à la retraite touchent une pension de 40 % inférieure à celle des hommes. Cependant, les tendances sont encourageantes et les écarts ont tendance à diminuer à long terme.

La situation des femmes dans la vie active en France est donc contrastée, avec de sensibles progrès ces dernières décennies. Les questions centrales tournent aujourd’hui autour de la conciliation de la vie professionnelle et de la vie personnelle, pour les hommes comme pour les femmes. De nouvelles avancées dans ce domaine et les nouveaux quotas devraient avoir un effet sur le « plafond de verre » qui subsiste.

Dernière modification : 03/10/2013

Haut de page