Point de presse de Bernard Kouchner et Karel Schwarzenberg

POINT DE PRESSE CONJOINT DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
ET EUROPEENNES, BERNARD KOUCHNER, ET DU MINISTRE TCHEQUE DES AFFAIRES ETRANGERES, KAREL SCHWARTZENBERG

Karel Schwarzenberg, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la République tchèque a effectué sa première visite à Paris, le 6 septembre 2010. Il a été reçu par Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes pour un déjeuner de travail.

Les ministres ont abordé le partenariat stratégique franco-tchèque signé en juin 2008 et que nous souhaitons renforcer. Ils ont évoqué notamment la feuille de route 2011-2012 qui comporte un certain nombre de propositions nouvelles, comme le Forum franco-tchèque destiné à rapprocher les sociétés civiles des deux pays et un groupe commun de travail sur l’énergie. Les ministres ont évoqué les questions européennes d’actualité, notamment la préparation du Conseil européen du 16 septembre, la mise en place du Service européen d’action extérieure, la situation dans les Balkans occidentaux, les relations UE-Russie et le développement de projets concrets dans le cadre du partenariat oriental. Bernard Kouchner et Karel Schwarzenberg ont abordé les questions internationales notamment la situation en Afghanistan.

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M. Kouchner et M. Schwarzenberg 06/09/2010

Photo : © Ministère des Affaires étrangères et européennes/Frédéric de La Mure

La vidéo du point de presse des ministres

- PROPOS DE M. KOUCHNER -

Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

Je suis très heureux de recevoir mon ami le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwartzenberg. Nous nous connaissons depuis longtemps. Quel dissident fameux, brave et obstiné, il a été aux côtés de Vaclav Havel. Nous avions déjà travaillé ensemble, très efficacement, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères d’un précédent gouvernement de son pays.

Aujourd’hui, nous avons parlé de tout ce qui était obscur ou mal compris entre nous. Nous avons abordé un problème important : celui des visas. Nous avons également parlé de l’énergie en Europe et des perspectives dans le domaine nucléaire qui se présentaient aux deux pays. Nous avons parlé de la réunion interministérielle et, surtout, de la réunion ministérielle internationale qui se tiendra le 15 octobre prochain à propos de l’espace Internet et du combat pour la protection et la liberté à l’intérieur de cet espace. J’ai évidemment invité le ministre Schwartzenberg et, par son intermédiaire, j’ai demandé le patronage de Vaclav Havel ; j’espère qu’il pourra nous l’accorder pour cette réunion.

A propos du nouvel espace international représenté par Internet, nous avons élaboré beaucoup de projets avec mon ami Maxime Verhagen, quand nous étions dans le même groupe de ministres des Affaires étrangères ; nous nous connaissons bien. Nous avons parlé du soutien français accordé pour le siège de Galileo à Prague. Et puis nous avons parlé des Balkans occidentaux : nous avons une expérience de la sécurité en Europe avec le Kosovo et les Balkans. Nous avons parlé un peu de l’Afghanistan, mais la décision d’envoyer davantage de soldats tchèques en Afghanistan n’est pas prise puisque le Parlement ne s’est pas prononcé.

Comme Karel est le président d’une structure internationale qui se consacre au sort des Roms, nous avons parlé des malentendus à propos des Roms en France. Entre nous, il n’y pas l’ombre d’un nuage. L’attitude de certains pays européens maintient les Roms dans des conditions inacceptables. Une des solutions est, évidemment, d’abord l’intégration dans leur propre pays, mais aussi une mobilisation européenne.

Q - Pouvez-vous revenir sur les détails de vos discussions à propos de la question Rom, puisque vous aviez tous deux émis quelques doutes sur les expulsions qui ont eu lieu en France ? De plus, pouvez-vous préciser pourquoi la République tchèque n’a pas été invitée au sommet sur la question Rom et l’immigration qui se déroule actuellement ?

R - Sur cette question, il n’y a pas d’invitation à envier, je ne suis pas non plus invité, à l’instar des ministres des Affaires étrangères et des ministres de l’Intégration d’un certain nombre de pays. L’idée d’inviter les pays d’où proviennent les émigrés n’est bien sûr pas inutile, mais ce n’est pas un refus d’inviter le ministre des Affaires étrangères tchèque. D’ailleurs, j’ai découvert cette réunion quand mon ami m’en a parlé ; au demeurant, c’est Eric Besson qui l’organise.

Q - Le général Pétraeus a demandé 2 000 hommes supplémentaires pour former les forces armées afghanes. Est-ce que la France compte envoyer des soldats supplémentaires ?

R - J’ai donné très clairement la position de la France à propos des Roms, j’ai cité le droit européen, et ai évoqué l’absence de violation de ce droit. Je me suis exprimé surtout sur l’avenir de l’Europe, sur cette question de l’intégration à laquelle nous travaillons bien sûr avec les Roumains, mais surtout avec la Commission européenne.

J’espère que dans les jours qui viennent nous aurons à ce propos de bonnes nouvelles ; le problème est difficile. Comme l’a dit mon ami, nous avons eu des activités communes en ce qui concerne les droits de l’Homme et en ce qui concerne l’intégration. Le moins que l’on puisse dire, au sujet des Roms, c’est que ni les uns ni les autres n’ont à triompher ; certainement pas les pays d’où ils proviennent, comme l’a dit Karl tout à l’heure.

Nous insistons, il y a de l’argent européen, il y a des programmes. La France s’y associera très volontiers, avec des ONG qui se proposent d’y participer. Il faut veiller à cela.

Vous m’avez posé une question à propos d’une demande du général Pétraeus sollicitant des effectifs supplémentaires pour l’entraînement des soldats afghans ? Il n’y a rien de nouveau : nous avons dit que la France s’y engageait, en Afghanistan, comme c’est déjà le cas, ou dans des pays du Golfe persique. Nous l’avons promis et nous remplirons notre mission ; nous prendrons en charge ces soldats, graduellement./.

Dernière modification : 14/04/2016

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