Présentation historique [cs]

Dates clefs

  • 1311 : Couronnement de Jean de Luxembourg à la tête du Royaume de Bohême.
  • 1355 : Charles IV devient Empereur du Saint Empire romain germanique.
  • 1620 : Bataille de la Montagne Blanche.
  • 1918 : Proclamation de la République tchécoslovaque le 28 octobre.
  • 1919 : Les soldats tchécoslovaques défilent sur les Champs Elysées à l’occasion du 14 juillet.
  • 1938 : Accords de Munich.
  • 1948 : Prise du pouvoir par les communistes et rupture des relations bilatérales.
  • 1968 : Printemps de Prague et « normalisation » par les communistes.
  • 1988 : Petit-déjeuner du Président de la République française, M. François Mitterrand avec des dissidents (dont M. Vaclav Havel).
  • 2004 : Adhésion de la République tchèque à l’Union européenne.
  • 2008 : Signature du Partenariat stratégique franco-tchèque.
  • 2008-2009 : Présidences successives de l’Union européenne par la France (2e semestre 2008) puis par la République tchèque (1er semestre 2009).

Des relations étroites dès le XIVe siècle

Les relations étroites qui unissent la France et la République tchèque remontent au XIVe siècle. C’est à cette époque que Jean de Luxembourg, élevé à la cours de France, est couronné à la tête du Royaume de Bohême ; en 1311. Vassal du Roi de France, il mourut le 26 août 1346 aux côtés des troupes françaises qui affrontaient les Anglais à Crécy.

Son fils, élevé lui-aussi à la Cour de France, marié à Blanche de Valois, renforça encore les liens entre nos deux pays. Une fois proclamé empereur sous le nom de Charles IV en 1355, il confia à l’architecte français Matthieu d’Arras, la construction de la Cathédrale Saint-Guy, inspirée des cathédrales de Narbonne et de Rodez. Il ordonna également la création d’une Université à Prague, sur le modèle de la Sorbonne.

La révolte hussite marqua un éloignement entre nos deux pays. Celui-ci était notamment du aux rumeurs qui couraient en France sur « l’intolérance des hérétiques tchèques ». Ce phénomène fut encore accentué par l’influence germanique croissante. Après la bataille de la Montagne Blanche le 8 novembre 1620, cette influence fit place à la domination autrichienne.

La France a par ailleurs implanté dès 1897 un Consulat à Prague, alors que les pays tchèques appartenaient encore à l’Empire austro-hongrois. Elle cherchait chez les jeunes nations européennes de possibles alliés dans le cas d’une éventuelle revanche sur l’Allemagne.

L’âge d’or des relations franco-tchécoslovaques (1914-1930)

Pendant la Première Guerre mondiale, Paris a été la capitale des exilés tchécoslovaques, dont T.G. Masaryk et E. Beneš, tous deux futurs Présidents de la Ière République. Le gouvernement français a été le premier à reconnaître l’indépendance de la Tchécoslovaquie, avant même sa proclamation officielle le 28 octobre 1918. La République française a aussi été la première à envoyer une délégation présenter ses lettres de créances au Président tchécoslovaque. C’est alors que l’Ambassade de France s’installe au Palais Buquoy où elle se trouve encore aujourd’hui.

En hommage au rôle joué par la France, aux côtés des Etats-Unis, dans l’indépendance de la Tchécoslovaquie, la ville de Prague s’est mise à ses couleurs le 13 juillet 1919. Des Praguois se sont même rassemblés devant le Palais Buquoy. Le lendemain, jour de la fête nationale française, a été l’occasion d’un grand bal populaire sur l’île Žofin ainsi que d’une réception au Palais en présence de M. Masaryk, devenu Président de la République tchécoslovaque. Ce jour là, des soldats tchécoslovaques ont pour la première fois défilé sous l’Arc de Triomphe à Paris.

A l’époque, la Mission militaire française est dirigée par le général Pellé. Cet officier
a joué un rôle de premier plan dans la nouvelle organisation militaire de la Tchécoslovaquie. Une grande confiance mutuelle naît entre les armées des deux pays, encore approfondie par une coopération étroite.

Par la suite, des relations fortes se sont aussi développées dans le domaine culturel, en particulier avec la fondation de l’Institut français par Ernest Denis en 1920.

La période intermédiaire (1938-1945)

Les années 1930 ont été une période de déclin dans les relations bilatérales. Celui-ci a abouti à la signature des Accords de Munich en 1938. En 1997, M. Jacques Chirac, Président de la République française, a qualifié cet accord de « honteuse démission des démocraties ».

Pendant la Seconde guerre mondiale, les contacts se sont surtout poursuivis à Londres, entre exilés. C’est à cet égard un ancien résistant, M. Maurice Dejean, qui réinvestit le Palais Buquoy le 7 septembre 1945, en tant qu’Ambassadeur de France.

40 années de rupture (1948-1989)

Avec l’arrivée des communistes au pouvoir, les relations franco-tchécoslovaques ont été sensiblement malmenées. L’Ambassade de France fut alors surveillée et marginalisée et les francophiles et francophones non communistes inquiétés. Cette période sombre a atteint son paroxysme en 1951. Cette année là, le Consul de France à Bratislava a été expulsé, l’Institut français de Prague fermé et la ligne aérienne Prague-Paris interrompue.

La mort de Staline en mars 1953 permit une certaine détente dans les relations entre les deux Etats. L’Ambassadeur de France mit alors l’accent sur son action culturelle. Pourtant, l’amélioration ne fut que de courte durée. Le contexte défavorable de l’année 1956 - avec l’écrasement du soulèvement de Budapest, la crise de Suez et la guerre d’Algérie - a entraîné un nouveau recul.

En 1964 s’est amorcée une embellie durable et les rapports culturels se firent plus fluides de 1966 à 1969.

Après la « normalisation » qui suivit le Printemps de Prague, en 1968, de nombreux francophiles s’exilèrent dont le célèbre écrivain Milan Kundera. Les classes tchécoslovaques du lycée Carnot de Dijon furent fermées (pour raison d’hygiène). Enfin la bibliothèque de l’Institut français de Prague du compter un censeur communiste dans les rangs de son équipe.

A l’époque, les relations les plus intenses ne se développaient pas au niveau politique mais au sein de la société civile, notamment parmi les intellectuels – l’Ambassade ne jouant alors qu’un rôle très minime. Ainsi, le philosophe français Jacques Derrida avait fondé l’association Jan Hus qui soutenait les réseaux clandestins tchèques tels que le VONS (Comité de soutien des personnes injustement accusées) ou les signataires de la Charte 77. L’association avait pour but de fournir une aide matérielle et surtout intellectuelle aux universitaires et aux étudiants tchécoslovaques qui n’avaient plus la possibilité de poursuivre leurs travaux et leurs études. Jusqu’en 1989, l’association Jan Hus a organisé des rencontres et des échanges clandestins entre les intellectuels tchécoslovaques et français. Cette activité a permis aux dissidents de maintenir des contacts avec l’extérieur et de préserver un certain niveau de réflexion et de recherche. Le journaliste résistant Pavel Tigrid, qui avait participé à la création de la rédaction tchèque de Radio Libre-Europe, a également joué un grand rôle dans l’information de la dissidence tchèque. Il édita en France, à partir de 1960, la revue culturelle et politique Témoignage, dont les 20 000 exemplaires étaient diffusés chaque trimestre en Tchécoslovaquie communiste. Le 10 avril 2007, M. Alexandr Vondra, vice Premier ministre de la République tchèque a inauguré une plaque commémorative en hommage à Pavel Tigrid, rue Croix des Petits Champs à Paris.

Le renouveau des relations franco-tchèques

Des changements en profondeur se profilent à la fin des années 80. Ils se concrétisent quand M. Gorbatchev lance la « perestroïka ». C’est dans ce contexte que M. François Mitterrand, Président de la République française s’est rendu en Tchécoslovaquie en décembre 1988. A l’occasion de cette visite, il a rencontré le Président Husak qu’il a encouragé à faire évoluer son pays. Lors de ce même voyage, M. Mitterrand a tenu à rencontrer des dissidents au régime, dont M. Vaclav Havel, invités à un petit-déjeuner au Palais Buquoy le 9 décembre 1988. Cette rencontre marque la première reconnaissance officielle de la dissidence tchèque.

La révolution de Velours marque le retour à des relations bilatérales de qualité. Cette période a été marquée par le rétablissement de l’Institut Français de Prague et l’inauguration du Centre français de Recherche en Sciences sociales (CEFRES) à Prague en 1991. La section tchèque du Lycée Carnot de Dijon a quant à elle pu à nouveau accueillir des élèves.

Partenaires dans l’Union européenne

Depuis le 1er mai 2004, la République tchèque est membre de l’Union européenne. Elle est à ce titre un proche partenaire de la France. En 2008 et 2009, la France (2e semestre 2008) puis la République tchèque (1er semestre 2009) ont été tour à tour chargées de la Présidence de l’Union européenne. Cela a permis de renforcer notre coopération bilatérale et nos échanges, dans tous les domaines et à tous les niveaux : dialogue politique, partenariats économiques, coopération scientifique, échanges universitaires, projets culturels.

Dernière modification : 24/09/2013

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