Récapitulatif de l’aide humanitaire d’urgence au profit d’Haïti [cs]

’’Sur ce drame que connaît Haïti, nous travaillons sur deux priorités. Un engagement acharné sur le terrain de l’aide d’urgence et également sur l’autre mission qui est une mission naturelle de cette maison, à savoir la situation de nos compatriotes qui vivent en Haïti.

Par ailleurs, lundi prochain, il y a une réunion à Bruxelles avec M. Moratinos, le ministre des Affaires étrangères espagnoles pour la présidence, les ministres chargés de la Coopération pour faire le point précisément sur Haïti. Naturellement la France sera activement présente à cette réunion.’’

’’Je vous rappelle les éléments d’ensemble de l’aide humanitaire d’urgence française en faveur d’Haïti.

1 - Un détachement en provenance de Martinique et de Guadeloupe composé de 71 personnels chargés de participer à la recherche des victimes et à l’assistance des populations sinistrées ainsi répartis :

- une Mission d’Appui en situation de Crise (MASC) de 7 personnels dont le lieutenant colonel Cova, chef du détachement.,

- 60 personnels sapeurs pompiers (28 sapeurs-pompiers de la Martinique dont 1 médecin et 1 infirmier, 27 de Guadeloupe dont 1 infirmier et 1 médecin). Les deux unités de sauvetage et de déblaiement disposeront de 3 chiens de recherche.,

- 5 personnels de SAMU.

Ce détachement comprend également 18 gendarmes chargés d’assurer la sécurité de l’ambassade.

Ils sont arrivés à Port-au-Prince hier, en deux vagues.

2 - Un deuxième détachement de 67 militaires des formations militaires de la sécurité civile (FORMISC) de Brignoles et une Mission d’appui en situation de crise avec 5 personnels dont 2 spécialistes de la communication est arrivé sur zone hier en fin de matinée.

3 - Un troisième détachement composé de 70 personnels provenant d’Ile de France et du Sud de la France pour assurer le déploiement d’un poste médical avancé et la mise en oeuvre de 10 équipes médicales mobiles de proximité, est parti hier au soir pour une arrivée ce matin à 3h (locale).

Ce détachement est également composé de 24 personnels des Formations Militaires de la Sécurité Civile pour assurer des missions de production d’eau avec une capacité d’alimentation de 20 000 personnes/jour ., 11 gendarmes pour assurer la sécurité des détachements sur place et 5 Allemands de la THW (Technisches Hilfswerk) pour venir en soutien de leurs ressortissants.

4 - Un hôpital de campagne est en route pour Port-au-Prince. Il a quitté la France dans deux avions.

5 - Ce sont donc près de 400 personnels de la Sécurité civile qui seront, à terme, en Haïti avec plusieurs dizaines de tonnes de matériel. Ils travaillent en étroite concertation avec les moyens déployés par l’Union européenne et les Etats-Unis.

6 - S’agissant de la situation de la communauté française, 300 personnes environ des 1 200 Français de Port-au-Prince se sont rassemblées à l’ambassade de France et à la résidence, fortement endommagées par la secousse, et au Lycée français (intact). Une soixantaine de Français restent activement recherchés.

Les blessés et familles avec des enfants en bas âge, continuent de quitter le pays par les moyens mobilisés par la France. 150 d’entre eux sont arrivés ce matin à Paris dans deux avions, l’un en provenance de la Guadeloupe ( 54 personnes/ dont 45 Français) et l’autre de la Martinique (96 personnes). Parmi eux, des citoyens Italien, Allemand, Colombien, Burundais, Canadien, Belge.

7 - Bernard Kouchner a annoncé la nomination de Pierre Duquesne, ambassadeur chargé de la coordination interministérielle de l’aide et de la reconstruction en Haïti. Le ministre a par ailleurs décidé le renforcement de notre équipe diplomatique et consulaire à Port au Prince par le détachement de plusieurs collaborateurs supplémentaires pour soutenir l’action exemplaire de notre ambassadeur en Haïti, Didier Le Bret.

8 - Je rappelle enfin qu’à Paris, une réponse téléphonique dédiée au public répond au 01.45.50.34.60. Près de 7 500 appels ont été reçus jusqu’ici au Centre de Crise en deux jours. Un deuxième numéro de téléphone dédié au public a été mis en place (08.10.00.63.30).’’

’’Je voudrais vous rappeler les axes structurants de notre action. Deux missions : d’une part, solidarité, aide d’urgence, aide humanitaire auprès de nos amis haïtiens., d’autre part, naturellement, la situation de la communauté française.

A partir de là, il faut s’organiser. Comme l’a rappelé Bernard Kouchner tout à l’heure, on est dans le temps de l’urgence. Le temps de l’urgence c’est quoi ? Le temps de l’urgence ce sont les rotations de nos avions entre la France, la Martinique ou la Guadeloupe et Port-au-Prince.

Le temps de l’urgence c’est également l’objectif que le président de la République a fixé d’avoir, vous l’avez écouté hier soir lors de son allocution, un déploiement de 400 experts de la sécurité civile et de sauveteurs français présents sur le terrain. Ils sont déjà nombreux sur place. Bernard Kouchner vous a indiqué tout à l’heure que leur travail était utile, était efficace et qu’au cours des prochains jours, des renforts arriveront.

Le temps de l’urgence c’est en outre la possibilité de soigner les blessés. C’est ce que nous sommes en train de faire par l’envoi des équipes de médecins urgentistes mais aussi avec le transport qui s’opère en ce moment, par avion cargo, d’un hôpital de campagne, que nous prévoyons d’installer dans le périmètre de notre ambassade à Port-au-Prince, ce qui nous permettra sur le terrain et en perdant le moins de temps possible de traiter les blessés. Comme les infrastructures ont été pour la plupart détruites, cet hôpital de campagne sera d’une particulière utilité.

Le temps de l’urgence c’est aussi celui de la coordination et de l’organisation. C’est également l’un des problèmes qui se posent et c’est pour cela que nous sommes engagés dans un travail de coordination avec nos partenaires européens, bien entendu, et américains. Vous savez que Bernard Kouchner et Hillary Clinton se sont parlé, le président de la République s’est entretenu avec le président Obama hier soir. Il est important naturellement qu’entre Français et Américains l’action puisse être, que ce soit en terme de préparation, ou en terme de réalisation et de travail sur le terrain, à tous les niveaux, entre Paris et Washington, entre nos ambassades à Port-au-Prince, entre les centres de crise du Département d’Etat et du Quai d’Orsay, le mieux coordonnée possible.

Le temps de l’urgence, c’est également celui de la sécurité. Vous savez que, et ce n’est pas une caractéristique particulière d’Haïti, c’est quelque chose qui se produit très fréquemment dans de telles circonstances :l’apparition de situations d’insécurité dans la ville de Port-au-Prince. C’est pour cela que nous avons détaché un certain nombre de gendarmes, en particulier pour la sécurité de notre ambassade.

Le temps de l’urgence ne doit pas nous empêcher, bien au contraire, à nous mobiliser pour préparer l’étape suivante. C’est la reconstruction. La reconstruction c’est d’abord l’annonce par le président de la République d’une conférence, dont nous avons souhaité qu’elle se tienne rapidement avec, le président de la République l’a mentionné, les Etats-Unis, bien entendu, le Brésil, le Canada, la France, d’autres pays européens bien évidemment, les Nations unies, de manière à rapidement aborder le problème d’Haïti dans une autre optique, celle de la reconstruction et du développement durables. Nous y travaillons beaucoup. Ce sera également l’un des thèmes qui sera évoqué lundi prochain à Bruxelles, et c’est aussi dans cette perspective que le ministre a décidé de confier à notre ambassadeur Pierre Duquesne ce dossier de préparation de cette conférence.

Enfin, comment s’organise concrètement notre dispositif ? C’est d’abord le Centre de crise du ministère des Affaires étrangères et européennes. Il a deux caractéristiques. La première c’est qu’il fonctionne H 24, sept jours sur sept. Et la deuxième c’est que dès que nous avons appris cette catastrophe, le périmètre de ses effectifs a immédiatement été augmenté de manière à le mettre en mesure, selon des protocoles soigneusement établis, de remplir les deux missions principales que j’ai précédemment rappelées.

Le deuxième pilier, bien entendu, c’est notre ambassade. Notre ambassade qui a effectué depuis le début un travail tout à fait remarquable dans des conditions particulièrement difficiles. Pas facile de travailler lorsqu’on n’a pas de téléphone, lorsqu’on n’a pas d’électricité, lorsqu’il est quasiment impossible de se déplacer et lorsqu’une partie de l’ambassade a été détruite par le séisme. Et là je voudrais véritablement rendre un hommage appuyé, Bernard Kouchner l’a déjà fait, à nos collègues qui sont là-bas. Le ministre des Affaires étrangères et européennes a décidé de renforcer l’équipe mobilisée autour de notre ambassadeur, M. Didier Le Bret, et c’est pour cela que plusieurs agents de ce ministère sont partis dans l’un des avions de secours hier soir, pour précisément aller se mettre en renfort à notre ambassade.

La deuxième chose qui a été faite a été depuis hier soir, de renforcer notre système de télécommunications avec Port-au-Prince, ce qui nous permet évidemment d’accroître notre efficacité, la circulation de l’information et de nous permettre de savoir beaucoup plus en temps réel l’identification des besoins, ce qui permet ensuite de prendre les décisions de manière beaucoup plus efficace.
S’agissant des blessés, je vous rappelle que nous avons déjà procédé à plusieurs évacuations sanitaires, à la faveur des avions qui font les rotations entre la Martinique et Haïti et Point-à-Pitre, pour, dans ces avions qui amènent des sauveteurs et du matériel à Port-au-Prince, lorsqu’ils repartent en Martinique, faire embarquer des personnes qui ont été blessées ou choquées à l’occasion de ce tremblement de terre.’’

Dernière modification : 01/10/2013

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