Remise des insignes de chevalier dans l’ordre des arts et lettres à Madame Markéta Perroud (13 mai 2015) [cs]

Madame Perroud, nous sommes réunis aujourd’hui, en présence des représentants des plus hautes autorités et institutions culturelles de République tchèque, de vos collègues et de vos proches pour saluer votre parcours et votre action au service de la promotion de la danse contemporaine. La République française a voulu les honorer en vous distinguant dans l’Ordre des Arts et Lettres.

Je me souviens combien il était difficile au début des années quatre-vingt-dix de porter des initiatives artistiques en particulier de danse contemporaine. Cette discipline a, sans doute plus encore que d’autres, souffert du manque de structures, d’échange et de communication entre les danseurs, chorégraphes et producteurs. C’est dans ce contexte professionnel difficile que vous avez fait le choix d’acquérir une expérience en France puis, à votre retour, d’en faire partager l’actualité et les perspectives. Aujourd’hui c’est toute sa gratitude que la France vous exprime pour cette entreprise.

Votre parcours, Mme Perroud, j’en rappellerai quelques traits saillants. Votre apport à la danse contemporaine, nous en emprunteront les témoignages à vos pairs et amis qui même absents ont voulu ce soir vous féliciter.

A l’issue de vos études au Conservatoire de Danse, vous avez exercé sept ans en tant que soliste au Ballet de chambre de Prague dirigé par Pavel Šmok et ces années ont été récompensées par le prix Thalie 1995 pour la meilleure interprétation dans la catégorie danse. C’est deux ans plus tard que vous avez rejoint le Ballet de l’Opéra National de Lyon où vous avez eu l’occasion de travailler avec Mats Ek, Jiří Kylián, Ohad Naharin, Trisha Brown, Maguy Marin, Nacho Duato, Tero Saarinen, Russell Maliphant.

Cette expérience acquise et complétée par des diplômes de Pédagogie de danse et de Management culturel, vous êtes revenue à Prague munie d’un mari français, d’une belle famille et de deux enfants. Plus sérieusement, vous avez répondu à la demande pressante du festival Tanec Praha avec lequel vous collaboriez déjà en tant que membre de son Conseil artistique. Et tout naturellement vous assurez depuis trois ans la codirection de ce festival prestigieux.

Tanec Praha s’est en effet imposé comme festival de référence avec des danseurs, chorégraphes et compagnies de renom comme Jérôme Bel, Ivana Muller, Clément Dazin, Groupe Entorse, Alain Platel et en avril dernier un évènement inédit, la Plateforme de la Danse tchèque.

Vous n’en oubliez pas moins les artistes français que vous invitez régulièrement en République tchèque. Vous avez ainsi contribué à tisser des liens fructueux entre professionnels de la danse des deux pays. Vous avez fait de la danse contemporaine une scène à part entière ici à Prague mais également en région.

Madame Markéta Perroud, pour votre concours au renforcement des relations franco-tchèques, au nom du Ministre de la culture et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous remets les insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et lettres.

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Permettez-moi, Madame, de citer quelques extraits des hommages et félicitations qui vous sont adressées pour l’occasion depuis l’étranger :

1. Marc Cardonel, longtemps programmateur des Nuits de Fourvière :
Marketa Plzakova possède toutes les qualités qui font assurément une grande danseuse
-  La grâce
L’inexplicable beauté inhérente à la motion de corps, sublimé par la scène
-  L’entier investissement de soi-même
Marketa prend la danse au sérieux
-  D’exceptionnelles ressources physiques
Elle aurait pu être une athlète
-  L’abandon
L’art de se livrer au chorégraphe, d’offrir son corps et son âme à chaque rôle

Au Ballet de l’Opéra national de Lyon, Marketa Plzakova/Perraud a profondément marqué de son empreinte l’imaginaire du public. Son charisme scénique fascinait spectateurs et chorégraphes.

Si une seule image devait résumer ces milliers d’heures sur scène, c’est probablement le moment de Solo For Two de Mats Ek où Marketa cache son visage entre ses mains et le donne à voir en quelques mouvements saccadés. Un corps puis un visage : seuls en scène, starifiés, mais élégamment cachés par ces longues mains, car Marketa Plzakova a un autre don : la modestie, qui lui fait fuir tout compliment et l’empêche de s’avouer le talent qui est le sien : le talent d’une grande danseuse.

2. Yorgos Loukos, directeur du Ballet de l’Opéra de Lyon :

Marketa a été un exemple de travail, de sérieux et d’inspiration. Tous les chorégraphes voulaient travailler avec elle parce qu’ils voyaient tout de suite qu’elle était prête à essayer tout ce qu’on lui demandait et le faire le mieux possible. Aujourd’hui des années après son départ, sa présence scénique reste vivante et quand je regarde des pièces où elle dansait, j’ai l’impression de la voir encore !!!

3. Le grand danseur et chorégraphe tchèque, Jiří Kylián, vous adresse également ses plus vives félicitations

Sous forme Video

Salut Marketa, c’est Jiri Kylian des Pays-Bas qui te parle. Alors, j’ai appris du magazine français Le Monde que t’es nommée Chevalier. C’est quelque chose d’absolument merveilleux, mais ce n’est pas si facile. Comme tu sais, je suis également Chevalier de l’ordre français et j’ai dû m’acheter une armure, une épée, etc. Donc s’il te plaît, achète-toi tout cela et défends notre art de danse tant que tu peux. Je sais que t’as la même force comme Jeanne d’Arc et que tu n’épargneras personne en défendant ce beau domaine qu’est la Danse contre toutes les mauvaises langues dans le monde entier. C’était Jiri Kylian aux Pays-Bas. Donc tiens bon et frappe-les !

Dernière modification : 11/06/2015

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