Tribune franco-britannique : le changement climatique est l’affaire de nous tous [cs]

Le changement climatique est l’affaire de nous tous

Lorsque les leaders mondiaux se seront réunis à Paris en décembre prochain, ils auront devant eux une tâche claire : s’entendre sur des mesures permettant d’assurer que la hausse des températures sur notre planète ne dépassera pas le seuil de 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle.

Le Royaume-Uni, la France et la République tchèque joueront un rôle majeur dans ces négociations climatiques en tant que pays membres de l’Union européenne. L’UE se trouve de longue date à l’avant-garde des efforts mondiaux visant à réduire l’impact des GES sur notre atmosphère. Tous les Etats-membres se sont engagés à réduire, d’ici 2030, leurs émissions de 40% par rapport aux niveaux de 1990. Le chemin vers cet objectif sera différent dans chacun des pays membres. L’important c’est que nous tous œuvrons ensemble pour parvenir au résultat souhaité. Les ambassades des pays membres de l’UE dans le monde entier se sont rappelé cette coopération dans le cadre de la journée de la diplomatie climatique (#ClimateDiploDay).

Le changement climatique est en effet le problème de nous tous, non seulement des habitants des îles lointaines dans le Pacifique. Si nous n’arrivons pas à trouver une entente à Paris en décembre, nous en paierons le prix. Selon une étude des experts du GIEC, la hausse des températures de 2,3 °C engendrerait une perte du PIB mondial à hauteur d’1,8 % ; cette perte s’élèverait même à 4,6% en cas d’une hausse de températures de 4,9 °C.

Parmi les chemins envisagés, la France et le Royaume-Uni ont adopté des législations permettant d’assurer, d’ici 2050, une réduction de 80 % des émissions par rapport aux niveaux de 1990. L’atteinte de cet objectif indispensable représente une opportunité dont les entreprises de deux côtés de la Manche se sont rapidement aperçues et s’engagent dans la lutte contre le dérèglement climatique dans le cadre de leurs politiques corporatives. Nombre d’entre elles ont su couper leur facture d’électricité tout en poursuivant leur développement. A très court terme, la « croissance verte » donc crée des centaines de milliers d’emplois.

Le Royaume-Uni, la France et la République tchèque ont été au cœur de la révolution industrielle au XIXème siècle. Depuis cette époque, nous savons que c’est le secteur privé qui est le moteur de la transition technologique en ce que les innovations et les investissements dans les nouvelles ressources n’émoussent pas sa compétitivité, au contraire ils la renforcent. Le principe reste inchangé, à la différence que les solutions bas-carbone sous forme d’ENR et de nucléaire ont remplacé les énergies fossiles. Les innovations permettant une meilleure efficacité énergétique sont désormais porteuses de ce changement.

L’Union européenne produit aujourd’hui environ 10 % des émissions mondiales de GES. C’est pourquoi il est nécessaire de conclure un accord global et contraignant à Paris. D’ici six mois, nous saurons si nous avons réussi à atteindre nos ambitions. Nos deux pays, et comme nous sommes convaincus, aussi nos partenaires tchèques, voyons la conférence de Paris comme le point de départ vers une économie et une société non-dépendante de carbone. Plus tôt nous commençons à œuvrer ensemble en vue de cette transition, plus d’avance nous pourrons prendre et plus grand sera l’avantage compétitif que nous aurons.

Jan Thompson, Ambassadrice du Royaume-Uni en République tchèque

Jean-Pierre Asvazadourian, Ambassadeur de France en République tchèque

Dernière modification : 02/12/2015

Haut de page