Visite de M. Eric Besson à Prague [cs]

Éric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie numérique, s’est rendu à Prague les 18 et 19 mai à l’occasion de la 6e édition du Forum européen sur l’énergie nucléaire (European Nuclear Energy Forum).

Il a signé avec son homologue tchèque, Martin Kocourek, une feuille de route (roadmap) bilatérale dans le domaine du nucléaire, à l’ambassade de France le 18 mai. Cet accord vise à approfondir les relations entre les deux pays dans le domaine de la coopération nucléaire, dans le cadre du Partenariat stratégique qui unit notre pays à la République tchèque.
(Lire le discours de M. Eric Besson prononcé à l’occasion de cette signature.)

Le ministre français a prononcé une allocution à l’occasion de l’ouverture du 6e Forum européen sur l’énergie nucléaire le 19 mai.
(Lire l’allocution de M. Eric Besson.)

Éric Besson a eu également une série d’entretiens en particulier avec le Premier ministre de la République tchèque, Petr Necas ainsi qu’avec le chef du gouvernement de Slovaquie Mme Iveta Radicová.

M. Besson a rappellé lors de ses entretiens la volonté de la France d’offrir un partenariat industriel complet à la République tchèque en matière d’énergie nucléaire. L’entreprise Areva est candidate pour l’extension de la centrale nucléaire de Temelin, située sur le territoire de la République tchèque.

Tribune de M. Eric Besson, publiée le 18 mai 2011 dans le quotidien tchèque Pravo

Prague accueillera les 18 et 19 mai prochains le Forum européen sur l’énergie nucléaire (ENEF : European Nuclear Energy Forum). J’y participerai au nom de la France. Cette rencontre annuelle de haut niveau, organisée alternativement à Prague et Bratislava, prend aujourd’hui une résonance toute particulière. Nous avons bien sûr tous à l’esprit le terrible drame qui a frappé le Japon.

Ce Forum est une occasion précieuse de débattre ouvertement et sans tabou de notre politique énergétique et des premières leçons tirées de la catastrophe de Fukushima. Le débat sur le nucléaire est légitime dans nos démocraties. Il est normal de discuter de choix aussi importants. Ils engagent l’avenir de notre continent, la qualité de vie de nos concitoyens, la compétitivité de nos économies. Ils suscitent aussi des craintes compréhensibles.

Ma conviction est que notre rencontre contribuera à poser les bases pour un débat sérieux, serein, fondé sur l’expertise technologique et la responsabilité politique.

J’entends y prendre une part active. Il faut d’abord rappeler une réalité incontournable : nous avons besoin de l’énergie nucléaire. La population mondiale croît et s’enrichit. Il va nous falloir trouver 40% d’énergie en plus d’ici 2030. Nous devons aussi lutter contre le changement climatique. Nous ne pourrons respecter nos objectifs avec les seules énergies renouvelables. Il nous faut utiliser les deux, le nucléaire et les énergies renouvelables.

Comme l’a fait le Président Sarkozy, le 3 mai dernier, sur le site de la centrale nucléaire de Gravelines en France, je veux aussi réaffirmer ma confiance dans l’avenir du nucléaire civil, dans la sécurité et la compétitivité de la filière nucléaire française et de son parc nucléaire national, qui font la puissance et l’indépendance de notre pays dans le domaine énergétique.

Cette confiance repose sur deux impératifs, la sûreté et la transparence. La France a toujours défendu les plus hautes exigences en matière de sûreté nucléaire. Nous avons sans cesse recherché l’excellence technique et le niveau de vigilance le plus élevé, en développant le deuxième parc au monde avec 58 réacteurs. La dernière génération des réacteurs EPR développés par AREVA actuellement en construction en France, en Finlande et en Chine, en témoigne. Les événements de Three Miles Island, Tchernobyl et de Fukushima, si différents soient-ils, sont venus nous rappeler combien cette exigence de sûreté est absolument nécessaire. Nous, Européens, ne devons pas transiger en ce domaine. Quant à la transparence, elle est la meilleure garantie pour convaincre nos populations ou renforcer leur adhésion. Elle repose à la fois sur l’action d’autorités de sûreté, incontestablement indépendantes, comme l’ASN en France, et un sur un nécessaire effort d’information. Elle suppose aussi une culture démocratique.

Les plus hauts standards de sûreté et de transparence, c’est cela que la France souhaite promouvoir au niveau international.

Le Forum de Prague sera aussi pour moi l’occasion de renforcer les liens étroits qui unissent la République tchèque et la France face à ces enjeux. Nos deux pays partagent les mêmes objectifs, celui d’une décarbonisation de l’économie s’appuyant sur le potentiel de l’énergie nucléaire, celui d’une Europe renforcée dans sa sécurité énergétique et disposant d’une électricité à un prix compétitif pour notre industrie et pour le pouvoir d’achat des consommateurs. Cette vision commune est désormais partagée au niveau européen. Comme l’a montré le Conseil européen du 4 février dernier, consacré à l’énergie et à l’innovation, que nous avons abordé ensemble, nos deux pays doivent jouer un rôle moteur dans la politique énergétique européenne.

La République tchèque s’apprête à lancer un appel d’offres pour l’extension de la centrale nucléaire de Temelin. AREVA, leader mondial, s’est mobilisée pour présenter l’offre la plus adaptée aux besoins de son client CEZ. Pour les autorités françaises, il ne s’agit pas d’un contrat comme un autre, aussi important soit-il. Notre ambition est d’être le partenaire stratégique de la République tchèque. Tel est le message délivré au Premier ministre, M. Necas, par le Président de la république et le Premier ministre, lors de sa visite à Paris en février dernier. Nous souhaitons développer une approche globale à tous les stades de la filière : la formation, la recherche et le développement, la sûreté, le traitement des déchets. Dès la prochaine rentrée universitaire, nous inaugurerons ainsi des échanges d’étudiants, de chercheurs et d’experts, accompagnés par la mise en place de formations franco-tchèques diplômantes. Je n’oublie pas évidemment les retombées industrielles pour les entreprises locales. L’expertise tchèque est reconnue à l’échelle mondiale et nombre de partenariats existent déjà avec AREVA et d’autres entreprises françaises

Mais nous devons regarder ensemble au-delà de Temelin. Nos deux pays ont les atouts pour constituer le cœur d’une industrie européenne du nucléaire, sûre et compétitive, seule voie pour peser à l’échelle mondiale et maintenir leur haut niveau d’excellence.

Je me réjouis de venir à Prague pour dialoguer avec nos partenaires européens, à commencer par Monsieur Petr Necas, le Premier ministre de la République tchèque, avec lequel j’avais eu l’honneur de tenir une réunion de travail avec des industriels de nos deux pays, lors de sa visite à Paris, le 11 février dernier. Ce sera aussi pour moi l’occasion de discuter avec Madame Iveta Radicova, Premier ministre de Slovaquie.

Mon ambition est de faire partager la conviction profonde de la France : le développement de l’énergie nucléaire civile à des fins pacifiques est un élément déterminant pour notre avenir. Nos industriels, - français, tchèques et européens -, sont en position de continuer à jouer un rôle leader au plan mondial. Notre responsabilité politique est de tout faire pour les aider.

Dernière modification : 27/09/2013

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